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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 22:54

Que diriez-vous d'une verticale digne de ce nom dans une salle du château centenaire Villa di Capezzana, un divin Carmignano Toscan?

 

C'est parti, on commence en 2007 et on atterrit en... 1931.

 

   

Le 2007 contient 14% d’alcool, ce qui n’est pas un atout à mes yeux. Mais son nez de fruit noir très agréable me fait oublier cette tare rapidement. Outre ses 80% de sangiovese, je reconnais le cabernet sauvignon qui pointe. Le vin est équilibré, les tanins sont fondus, son acidité présage un vieillissement intéressant. 

 

Avis aux amatrices de petits jeunes musclés qui fleurent bon la mûre, ce vin est pour vous !  

Quant à moi je préfère les caractères plus matures, et continue ma quête.

 

 

Le 2001 offre une robe légèrement plus orangée, très séduisante. Son nez de sous-bois et de champignon, bien que fidèle à son ADN de fruits noirs, me plaît. Encore une belle promesse pour l’avenir ! 

 

Passons au 1993.

Oh déception, il est fermé. J’insiste, en remuant légèrement ce jeune endormi. La griotte apparaît, c’est étonnant. En bouche les tanins sont nerveux, ce chenapan cache son jeu, serait-il timide ? La fraîcheur et le menthol confirment un caractère bien trempé, mais que voulez-vous, les jeunes sont feignants de nos jours. A à peine 20 ans, il a encore besoin de quelques années avant de se révéler et d’être lui-même.

 

Le 1983 : voilà un partenaire quasiment de mon âge… Mais qui malheureusement présente un gros défaut : il est bouchonné.

Pourtant, sa robe pourpre et dense me plaît, et je perçois des tanins fermes, et une acidité toujours présente.  

Le bellâtre a certes été mal élevé, mais il a tout de même des atouts pour lui!


 

Voilà que nous approchons des vins matures, qui savent qui ils sont et ne tergiversent pas !

Le 1974 à la robe brique aguicheu se exhale un arôme chaud de tabac. La griotte, le cuir, mais aussi l’iris dessinent un caractère séducteur et sans détours, portés par des tanins souples et veloutés.

Ce vin, c’est George Clooney assis dans un fauteuil club, qui fume sa blonde en vous incendiant du regard, et en vous invitant à le rejoindre!


 

Avant d’entreprendre le 1968, je me dis que je joue dans la cour des grandes. J’y vais quand même.

Il m’accueille avec sa robe tuilée soutenue. Son attaque très douce, suave, avec une pointe d’acidité, témoigne d’une belle expérience, mais pour autant d’une énergie certaine.

Ce vin extraordinaire exhale au final des notes d’eucalyptus qui parachèvent son charme complexe.

 

Enfin, le 1931. J’ose à peine y croire. Je vais vraiment goûter un nectar de 80 ans…

Ce vin offre une robe divine, tuilée et presque transparente. Son nez de griottine et de truffe m’emporte. Je retrouve ces notes de truffes et de fruits confiturés en bouche, je me délecte.

Je perçois aussi des fleurs blanches (du lys ?) qui me révèlent finalement que ce vin est une femme, une vieille dame coquette et pimpante que je viens de rencontrer. Je décide de m’attarder avec elle, pour échanger des heures durant, et m’imprégner de l’histoire de sa vie, jusqu’à la dernière goutte…


 

Par Pauline
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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 20:42

 

C'est le printemps et j’ai envie de challenge.

 

Envie de replonger dans le vrai, le dur - et le bien macho - business du vin.

 

 

 

Et qu’y a-t-il de plus efficace pour une immersion intensive que le salon professionnel « Vinitaly », qui se tient depuis hier, et jusqu’à dimanche, à Vérone en Italie ?

 

Avec ses 4 000 exposants répartis sur douze halls et ses 150 000 visiteurs (!!!), il ne m’a pas fallu plus de quelques minutes dans les embouteillages à l’ouverture du site, déjà saturé, pour regretter mon initiative. En effet, être (oeno)touriste à Vinitaly, c’est comme participer à une dégustation professionnelle de Cognac : on se demande comment on va bien pouvoir en sortir vivant.

Mais heureusement, je pratique Vinexpo (une buvette à côté de Vinitaly…) depuis quelques années, et j’ai mes techniques de survie.

 

Règle de survie n°1 : Avoir l’air TRRRÈS sérieuse et passer pour une pro :

 

Ainsi, je choisis de façon totalement arbitraire, mais avec assurance et aplomb, de pénétrer dans le hall 2, arborant le regard entendu des gens du sérail.

Le Wine Spec dans une main, mon verre dans l’autre, il me semble quand même que l’on me regarde bizarrement…

 

Règle de survie n°2 : identifier sur le plan du site les exposants que l’on connaît pour faire un brin de causette.

 

Comptez tout de même une bonne heure pour lire le guide des exposants en diagonal. Ainsi je parviens péniblement à retrouver trois connaissances. Le premier contact ne me reconnait pas, le deuxième me demande si je suis une étudiante à la recherche d’un stage, et le troisième n’a pas le temps de me parler : « Hé si Signorina, quand on vient à Vinitaly, il faut prendre des rendez-vous ! ».

Au secours.

 

 

Règle de survie n°3 : trouver le gentil viticulteur disposé à faire déguster une petite jeune qui n’en veut.

 

Et c’est là que j’aborde timidement Paulo, qui me dit aussitôt: « ma qué bella Signorina, viens avec moi ». Biensur que j’aurais du me méfier à ce moment précis. D’ailleurs ma grand-mère m’a toujours dit de me méfier des Italiens. Mais vous imaginez bien que j’ai fondu comme un grain de Sémillon bien mûr devant une telle proposition.

C’est ainsi que le Bello me fait déguster un festival de vins divins de Toscane. Notamment « Le Piane » 2009, un vin blanc DOC 100% Vermentino délicieusement aromatique, vif et légèrement pétillant, riche en bouche et très facile à boire, pour ne pas dire gouleyant, car ça fait vraiment trop touriste.

Puis, Paulo décide d’anéantir à l’arme lourde toute forme de réserve de ma part, et dégaine le fameux Chianti. Mmmh le Chianti. Des images de douces soirées d’été me traversent l’esprit, avec une pizza croquante et un bel Italien dans son genre au bord de la piscine, ou éventuellement dans un chalet et sa cheminée dans les Dolomites. Ces mots n’appartenant pas au vocabulaire professionnel de dégustation, je me tais, mais n’en pense pas moins, hé hé.

Le Chianti donc : DOCG Superiore « Cerretello » 2008, 90% Sangiovese, délicatement confituré, des tannins déjà fondus, un jus puissant et prometteur.

Je plane de bonheur…

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Le verre à peine sifflé, je propose à Paulo une excursion dans les Dolomites : « Un chalet avec cheminée et piscine, ça te dit ? »

Le Bello sourit, j’adore, et il accepte, je n’en reviens pas.

Vraiment ? Est-ce que je pars avec ce beau gosse dans un chalet ?

« Pero no, me dit-il, je te propose de venir chez ma famille dans la région de Florence, je t’emmènerai visiter les vignobles du Chianti. »


Notez bien que si nous étions à Paris, et qu’un plaisant vigneron me proposait un petit tour chez ses parents à la ferme, façon « L’amour est dans le pré », je pense que je soupçonnerais le pervers embusqué et déclinerais poliment.

Mais là, j’ai farouchement envie d’appliquer mon ultime règle de survie, celle que je réserve aux grandes occasions : me laisser surprendre…

 

 

 

Vinitaly, du 7 au 11 avril 2011, Verona.

http://www.vinitaly.com/

 

Et pour, vous aussi, aller découvrir la Toscane en bonne compagnie:

http://www.turismo.intoscana.it/

 

Par Pauline
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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 23:59

 

Est-ce parceque je trouve que les "vendredis du vin" sont un excellent prétexte pour dire : Thanks God it’s Friday !! Ou bien parceque notre Pauline aux yeux grands ouverts nous a dégoté un sujet extra ? Quoi qu’il en soit l’excuse est toute trouvée pour participer au vendredi du vin # 34.

 

Vinstantané…


Au menu un oeno-souvenir fort, imprimé lors d’un somptueux après-midi de juillet.
L’image cristallise à mes yeux tout ce dont l’été est fait, et la quintessence du plaisir.

 

Regardez bien car tous les ingrédients y sont :

 

L’ambiance : le soleil, une journée chaude et inondée de lumière. La fenêtre grande ouverte, on entend un son qui envoie et on sent les prémices d’un barbecue qui s’allume…

 

L’arrière plan, c’est Paris. Une sublime journée dans ma ville préférée, une soirée qui s’annonce bien, des amis qui commencent à danser et un petit jardin en contre bas.

 

Et au premier plan, bien sur, un vin à la robe pur grenat. Cette couleur est sublime, elle annonce un jus riche et gourmand, voyez la matière… Le vin vit, il tourne, s’aère, et profite lui aussi de l’abondance d’oxygène qui circule.

 

Au nez, ce vin pourrait être pur fraises et framboises, comme un certain rosé d’un jour présenté par Eva. Mais en fait il exprime aussi des fruits noirs, subtils et métissés.

 

En bouche, on sent le cassis, et sa structure solide confirme un ADN proche du vin rouge.

 

Mais qui est-il ?


Voici un défi lancé aux amis du vendredi: qui saura reconnaitre ce bel invité mystère ?

Par Pauline
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 17:56

Non pas de cours ni d’adages, c’est bien trois bonnes raisons que je vous donne pour retourner voir l'oncle Bordeaux à l’orée du printemps 2011.

 

Soyons francs, on va à Bordeaux d’abord pour le vin. On aimerait un petit vin bon, familial et assez nature. Pas trop de substances non identifiées dont on nous rebat les oreilles, souffre et pesticides en (maux de) tête, mais pas forcément un vin bio non plus, c’est un « raisonné » qu’il nous faudrait.

Et c’est là où le Château Vignol m’est apparu, bien frais dans un verre silhouetté en compagnie d’un plateau d’huîtres. Le Château Vignol est un Entre-deux-Mers (blanc, sec et fruité, du pur Sauvignon)  qui est devenu en trois ans un must, et dont les amateurs ne se cachent plus. Résultat : une médaille d’or au concours des Bordeaux 2010, et une autre au concours des Vignerons Indépendants 2010. Quand même ! Chapeau le Bordelais, aux oubliettes Parker et le Wine Spec.

A l’instar du Bordelais qui se respecte, le Château Vignol a plusieurs facettes : il se décline aussi en clairet, délicieux breuvage en robe grenadine et au mordant vif en bouche. Inimité jusqu’à présent, je vous le recommande.

Et pour les puristes du rouge à Bordeaux, et Bacchus sait que j’en suis, il y a aussi le tout nouveau « Château Saint-Ange ». Brand new, une cuvée 2009 à découvrir, issue d’une mini-parcelle à Saint-Emilion, la Rolls du rougeot. Tout cela orchestré à l’ancienne : petite cuvée = quelques bouteilles seulement.

Mais qui produit cela ? La Famille Doublet (« The Doublet Family Vineyards » sur Facebook, exceptionnel…)


 

 

 A propos, lorsque l’on va à Bordeaux, il n’est pas sot d’espérer y rencontrer un bon parti, de type jeune propriétaire terrien héritier. Or, dans la Famille Doublet, il y a deux fils : Alexandre et Jean-Thomas, l’un aux vignes et l’autre au commercial. 35 ans, tannés par le soleil girondin et la bise salée de l’océan, wouahou ! Avis de tempête pour les parisiennes en manque d’iode !

 

 

Eh oui, car la troisième raison d’aller chez l'oncle Bordeaux ce printemps, c’est que l’on y trouve aussi la plus belle côte ensablée de France. Cap Ferret pour voir Guillaume, Hossegor pour voir Kelly, Biarritz pour voir Bixente… La glisse attitude pour lui, pendant que vous bronzouillez sur la plage, et tampouillez ces orteils meurtris de talons tout l’hiver, dans une eau bleue et scintillante.

 

 

Et tout cela en trois heures de train seulement, durant lesquelles vous aurez toutes les chances de croiser au wagon bar la bande à Canet en départ en week-end, ou bien Alexandre et Jean-Thomas, de retour du salon des Vignerons Indépendants.

 

C’est bientôt l’été, caliente !

Par Pauline
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 12:29

 

 

Une belle personne qui fait bouger le monde du vin me propose comme philosophie 2011 de « ré-enchanter le quotidien par le beau et le bon ».

Cela me laisse sans voix tellement l’idée est bonne, et puis avec un mois de retard, je décide de mettre en oeuvre ma nouvelle résolution.

 

 

 Commençons par le beau


Et même par le beau mec 2011. La créature se caractérise par un savant mélange de métrosexuel tendance années 2000 et de bad-rockeur so 70’s. Dans le genre, le dernier « beau 2011 » que j’ai rencontré présente en plus l'extraordinaire atout d’être amateur de vin, ce qui lui vaut de cumuler d’emblée le beau et le bon, il a tout bon ce beau gosse. Mais je ne le citerai pas car il est fameux dans la vinosphère, et il est en plus, comme moi d’ailleurs, plus que maqué.

 

 Et le bon


Le bon, en 2011, a commencé par être célébré grâce à l'Unesco, qui a placé la gastronomie française au rang de patrimoine mondial.

L’année commence fort.

Mais aussi grâce aux consommateurs, nous, les buveurs de vin, qui prenons conscience qu’il faut boire moins, et mieux. C’est du réchauffé me dites-vous ? Point, je trouve au contraire que l’action menée par l’association Vin & Société, qui soit dit en passant a sérieusement lifté son site web dernièrement, dessine l’avenir.

L’avenir de la filière, car produire du vin mauvais, donc invendable, revient à fabriquer des chaussettes trouées. Mais aussi notre avenir, car boire de façon « responsable » (c’est le jargon officiel) permet de boire moins, et donc mieux.

Voici l’application très concrète du concept : au lieu d’acheter deux bouteilles à 2,50 Euros, on achète une bouteille meilleure à 5 euros, etc. etc.

Notez Mesdames que ce concept efficace fonctionne aussi avec les paires de chaussures et les sacs à main.

 

Et les petits vignerons avec leur vin à 1 euro qui crèvent la dalle ? me souffle une voix culpabilisatrice.

Eh bien moi je ne suis pas là pour sauver du naufrage la filière viticole, je dois dire. Je suis là pour boire du bon vin, et avec des beaux mecs si possible.


Cheers !


Pour en savoir plus:

http://www.vinetsociete.fr/ 

http://www.bienvenue-a-la-moderation.fr/ 

http://www.wineinmoderation.eu/

 

Par Pauline
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Pour accorder votre Fly n' Wine avec de délicieux mets, courrez voir le gastro-blog de la sublime Béné: http://mylittlespoon.blogspot.com/

 

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Et Paloma, grâce à qui on redécouvre la capitale en mode vin! http://wineinparis.canalblog.com/

 

To be continued...

 
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