Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 21:20

Entre filles…

Je décide de poster cette histoire en premier car elle rassemble tout ce que j’aime : les virées entre filles, le vin et la franche rigolade. Comme ça le ton est donné.

 

 

Le vin, c’est mon truc. Une vraie passion, à tel point que j’en ai fait mon métier lorsque j’étais jeune… et fraîche. Le problème c’est qu’après de nombreuses années de bons et loyaux services alcooliques, où blancs, rouges et rosés sont gouleyants à chaque occasion, on se défraîchit rapidement. Il faudra donc que je pense à m'arrêter à temps: non pas arrêter de boire , I wish… mais changer de job afin de freiner la bibine pendant les heures de boulot.

Et l’autre jour, je lis dans mon magazine préféré qu’une des appellations de Bordeaux qui ne se prend pas trop au sérieux organise une dégustation de lectrices. Pourquoi pas ? Bon je sais bien que nous, les femmes, sommes les cibles faciles des campagnes marketing, et que nous achetons 70% du vin dans les supermarchés, et que ceci explique cela. Mais quand même, ça peut être drôle. Et puis au pire, le cocktail dînatoire fera l’affaire !

 

Dans ce genre d’événement, les filles viennent toujours en grappe (c’est le cas de le dire). Surtout sur un sujet comme le vin, qui les impressionne un peu, et qui, en plus, est traditionnellement estampillé « sujet homme » (si si, rappelez vous chez vos parents, qui a TOUJOURS servi le vin ?). Donc les filles sont impressionnées et ne sont pas sûres d’elles : « de toutes façons je n’y connais rien, au pire je me siffle une bouteille de rosé quand je déprime, au mieux je me rends compte quand un vin est bon… » Elles amènent donc avec elles leurs copines pour se rassurer.

Ainsi je me mets à la recherche de copines que ça intéresse, mais passe, une fois de plus, pour une écumeuse de bars à vins et dégustations.

Tant pis, j’irai seule !

 

J’arrive (en retard) et je me retrouve face à une immense tablée de dames (oui : des dames, pas des jeunes filles) en train de déguster du blanc. « A l’étage ! » me dit-on. Je monte discrètement, en me demandant si mon magazine préféré ment sur l’âge de son lectorat, ou si c’est moi qui ne lis pas le bon magazine…

 

Bon, pas de panique, j’arrive à l’étage, et me retrouve assise à la table la plus proche, afin de disparaître au milieu de tous ces yeux qui me dévisagent comme une retardataire.

Du fait d’un heureux hasard, je me retrouve attablée avec un voisin, denrée extrêmement rare dans un jury féminin.

Le bellâtre a manifestement trouvé le bon plan : « des femmes et du vin, j’accours ! » me dit-il. Alors que nous faisons connaissance, l’attachée de presse peroxydée tombe du ciel : « ah non, certainement pas un homme ici ! 

- Et pourquoi pas Mâdâme ?

-Ici c’est LA table centrale, celle des photos. Monsieur, on vous a accepté malgré les règles strictes du jury féminin, alors s’il vous plaît, faites-moi le plaisir de ne pas trôner au centre des photos ! »

 

Non seulement on va m’enlever mon beau voisin, mais en plus, je suis à la table d’honneur ! Génial, bravo, pourquoi ne suis-je pas arrivée 10 minutes plus tôt pour choisir ma place ?

Tant pis. Il faudra assumer les photos.

 

Alors que je commence à me concentrer sur les 12 rosés (heu oui…) qu’il faudra déguster et juger, l’un après l’autre, une délicieuse voisine s’installe à mes côtés, accompagnée d’une amie. Sally et Lola se présentent. La première, sublime brune au regard doux et profond, m’inspire immédiatement de la sympathie. Lola, en revanche, ressemble à une jeune poule….ampoulée. Une bourgeoise bagousée, ça faisait longtemps ! Mais ne jugeons pas les gens à leur apparence, la première impression est souvent fausse.

 

Rosé n°1 : Mmmmh..

Belle robe : nette, limpide et presque rubis.

Au nez, une intensité comme j’aime, bien que l’alcool semble déséquilibrer l’ensemble.
En bouche, une délicieuse pêche blanche se fait sentir, un rosé un peu trop alcooleux, mais la fraîcheur peut lui rendre ce côté désaltérant que l’on attend de lui.

 

Mes voisines gloussent, se regardent, et en sont déjà au rosé n°3. Comment leur dire que le seau au centre de la table est un crachoir, et qu’elles ne sont pas censées avaler deux à trois gorgées de chacun des douze vins à déguster ?

Madame RP (RE : attachée de presse peroxydée) : peut-on s’il vous plaît expliquer au jury comment procéder afin de ne pas rouler sous la table après le troisième vin ?

 

Allez, tout le monde crache dans le même seau après le rosé n°4, c’est tout à fait convivial.

Le problème du crachoir, c’est que ça ressemble à un seau à rafraîchir, où l’on place la bouteille de rosé pendant que le barbecue chauffe.

Et c’est ainsi que, juste après avoir dégusté Rosé n° 8 (dont le nom sonne comme celui d’un vieil ami), Lola plonge la bouteille, alors recouverte d’une chaussette en laine pour garantir l’anonymat, dans le seau crachoir à moitié rempli du vin que nous avons recraché…


Oups, je compatis : moi aussi je trouve que ce crachoir ressemble à un seau à rafraichir…


Ecarlate, Lola ressort la bouteille illico, et la replace dans le carton, ignorant la traînée de rosé qui trahit son geste, de la nappe, via la moquette, et jusque dans le carton.

Nous n’avons pas encore dégusté Rosé n° 10 que nous sommes déjà écroulées de rire, ce n’est vraiment pas sérieux. Mais comment cacher l’autoroute de rosé de la table à la moquette à Madame RP ?

 

Rosé n° 11 : alors que Lola ne sent même plus ses papilles gustatives, Madame RP tape du poing sur la table pour nous demander d’accélérer le rythme : nous sommes en retard par rapport au reste du jury...

Rosé n°12 : eh bien Rosé n°12 ça pourrait être moi. Je suis tout à fait rosée, intérieur et extérieur… comme un carré d’agneau rôti.

Bon, Rosé n°12, je suis désolée, je pense que tu ne vas pas gagner le concours des Rosés de l’été, je ne sens plus rien et j’ai vraiment l’impression de ne pas être la seule dans ce cas ici. Donc Rosé n°12 tu es bon, mais sans plus. Peut mieux faire, oui c’est ça, peut mieux faire.

Plouf, je vise le seau pour cracher, et tout va bien, j’ai fini !!

 

 

Quelle est la seule chose qu'il reste à faire quand on vient de déguster 12 rosés?
Se ruer vers le buffet, et éponger. Surtout, ne pas toucher aux liquides : même si le bon Margaux vous fait de l’œil, ne succombez pas ! cela n’arrangerait certainement pas votre cas.

Et si vous vous demandez comment accéder aux mini sandwichs, pris d’assaut par l’ensemble du jury (des dizaines de femmes ivres et affamées) eh bien ne cherchez pas, c’est impossible.

 

A ce moment précis, dans un éclair de lucidité, il m’a semblé que seulement deux options s’offraient à moi :

1/ Je passe en seconde, et j’attaque au mojito : le nuit est encore jeune !

2/Je sors de ce bar de suite, et j’attrape le premier bus. C’est MAINTENANT ou demain matin.

 

Du suspense me direz-vous ? Comment ? jetez un coup d’œil au premier paragraphe de cette confession : « J’ai donc su m’arrêter à temps, heureusement » vous disais-je en préambule.

Cette fois, je suis rentrée chez moi, et en bus, ça va de soi.

La modération me tuera !

 

 

 CHEERS!

Par Paola - Publié dans : Les choses qui ont du goût
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