Lundi 1 juin 2009
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Aujourd'hui nous partons au Québec, car les voyages sont
aussi une vraie passion. Voici donc 3 règles de survie pour vous sentir comme un caribou des bois au pays de l'érable.
Tout a commencé par une prise de météo anxieuse: il fait -18° C à Montréal
alors que je fais ma valise, à H-12 du départ.
« -18°C ? ricane mon tendre promis, ne t’inquiète pas, c’était la température qu’on avait à Noël au ski. Tu connais, t’es pas morte ! »
JUSTEMENT : savoir que je vais revivre ce que j’ai enduré à Noël ne me rassure pas du tout. Malgré tout, j’essaie de ne pas penser au blizzard du grand
nord et aux ours blancs, et continue à bourrer ma valise de pulls et polaires. J’espère que mes collègues ne m’en voudront pas d’être fagotée comme une esquimotte tout droit sortie de chez
Quechua.
En atterrissant à Montréal, j’occulte les montagnes de neige sur la piste, ignore la session de dégel de l’avion, dénie la bise qui s’infiltre dans mon
corps grelottant à la sortie de l’aéroport, et m’engouffre dans un taxi surchauffé.
Mes collègues québécois m’attendent, décontractés et souriants, dans une salle de réunion réconfortante : il fait bon et l’accent me fait chaud au cœur
: tout contraste avec ces fameux -18°C. Je commence à comprendre comment ils font pour survivre à ce froid polaire : ils ont le cœur
chaud.
Pourtant, au bout d’une heure à peine, je ressens de grosses sueurs, j’ai vraiment très chaud, je n’aurais peut-être pas du me mettre juste sous la
soufflerie asséchante du chauffage de plafond. Impossible de me déplacer, le DG n’en finit plus avec son discours, ses analyses et autres tableaux, le tout mis en musique sur un accent québécois
pour le moins imagé, qui, je dois l’admettre, ne facilite pas ma compréhension. Pour tout dire je ne comprends rien, c’est très gênant.
Je commence par relever mes manches, attacher mes cheveux puis me ventiler le visage, mais rien n’y fait. Je sens alors mon déodorant défaillir, et
entreprends, ai-je vraiment le choix, d’enlever la première couche de sous-pulls.
J’en enlève un, puis deux, dans un sourire bête qui n’échappe pas à mes collègues. J’ai le sentiment que mes cheveux, électrisés par la veste en matière
polaire et les 7 heures de vol, n’aident pas mon image de prune que l’on aurait oubliée au four…
Mes collègues me demandent: « mais qu’est ce qu’il t’arrive ? » A vrai dire, eux sont tous en T-shirt et petits hauts (véridique !). Mais enfin ce n’est
pas humain : comment faites vous pour venir travailler le matin habillés comme ça ? il fait un froid à faire fuir un Groënlandais, et vous, vous venez tous en T-Shirt ?
Et là, sentiment désagréable de solitude, j’ai dû dire une bêtise, ils sont tous hilares : d’après eux, en ce moment il fait doux, on se croirait
presque au printemps, comment puis-je trouver qu’il fait froid ?
J’essaye de prendre ça pour une blague québécoise, et ris jaune dans mon sous pull et dans mon jus. Je crois que j’ai appris la règle n°1 : dans les
pays froids, les lieux publics sont surchauffés, et les habitants mettent à peine les pieds dehors. Il ne faut donc pas s’habiller comme un esquimau qui passerait sa journée sur un lac glacé.
Pour ma part, c’est trop tard, le mal est fait…
Avant le déjeuner, je réussis à négocier relativement facilement un passage à l’hôtel pour me changer. L’odeur d’esquimau a dû aider.
C’est l’heure du lunch, et croyez moi, les Québécois aiment manger et boire ! C’est une caractéristique propre aux pays francophones me direz-vous, à la
vue du record que les Français détiennent en termes d’heures passées à table. Mais tout de même. Ici le lunch et le souper, ce n’est pas une blague. Et la gastronomie qui s’offre à moi m’enchante
: la carte est composée d’une longue liste de plats plus réconfortants les uns que les autres: la fameuse poutine (une assiette de frites recouvertes de fond de boeuf et fromage fondu), le pâté
chinois (une sorte de hachis parmentier agrémenté de maïs, petits pois et oignons confits, sans salade bien sûr), les gobos (saucisses panées et frites dans l’huile) pour ne retenir que les
meilleurs. Allons donc pour une poutine en entrée, et un pâté chinois en plat ! Je me promets aussi d’essayer le cheesecake au sirop d’érable en dessert.
Mes acolytes québécois sont morts de rire : aurais-je un peu forcé sur les carbs’ ? (vous savez les carbohydrates, ces méchantes molécules qui font
grossir et que les Nord-Américains fuient comme un camembert au lait cru). Mais non ! les Québécois, eux, n’ont pas peur des bonnes choses, et se réjouissent simplement de me voir expérimenter
des plats bien de chez eux. D’ailleurs, les Québécois rient tout le temps, c’est une très bonne habitude qui se révèle être ma règle n°2: rien de tel qu’un bon fou rire sous la neige pour se
tenir chaud !
Vous l’avez deviné, après mon lot de frites en entrée et de purée-viande hachée en plat, le tout arrosé d’un chardonnay Canadien, je suis dans
l’obligation d’esquiver le cheesecake, sous peine de faire exploser mon fuseau de ski (heu oui, j’ai emmené des pantalons « chauds »…). Mais en revanche, je suis plus prête que jamais à affronter
le froid !
Et voilà la règle n° 3 : bien manger et bien boire pour affronter le froid, les Québécois ont tout ce qu’il faut !
Pour ne rien vous cacher, le rythme est facile à prendre au Québec. On discute avec tout le monde, on se réjouit des intonations familières, de
l’accueil unique, et on se surprend à dire : j’aimerais bien habiter ici, c’est tellement hot ! Et c’est précisément ce qui fait rire les Québécois ! Même les Français immigrés prennent l’accent
! En fait au Québec, mis à part le climat, tout est chaleureux, et on comprend le sens du terme chaleur humaine.
Pour résumer, j’ai trouvé trois règles de survie pour-vous-qui-vous-apprêtez-déjà-à-partir-au-Québec-car-je-vous-ai-transmis-mon-enthousiasme-Québécois
:
• Éviter les sous-pulls en polaire et les fuseaux de ski pour être en intérieur
• Rire à gorge déployée dès que possible (même quand vous ne comprenez pas la blague avec l’accent…)
• manger et boire comme les locaux, c'est-à-dire sans chipoter, et sans compter les Kcal ni les alcool units.
Si vous suivez ces règles de survie au Québec, il devrait alors vous arriver des expériences… INOUBLIABLES.
Par Paola
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Publié dans : Les voyages
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