Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 09:25

Aujourd’hui je suis en goguette en Corée du Sud pour refourguer ma came habituelle : le bon vin du Sud Ouest. Mais alors que je déprime en voyant la faible consommation de vin per capita (ces bougres sont accros au thé vert), je trouve la véritable mission de ce voyage. Saviez-vous que les Coréens se font appeler les ‘Latins de l’Asie’, et seraient à ce titre les Asiatiques dont la culture diffère le moins de la nôtre ? La question se pose naturellement : les Coréens seraient-ils plus caliente qu’il n’y paraît ? De plus, la réputation de la gastronomie Coréenne n’est plus à faire : les barbecues, les barbecues et encore les barbecues. Tout cela sonne bien, je m’en vais investiguer, j’ai hâte de tâter le terrain.

 

Je vous passe les détails du voyage INTERMINABLE à subir pour se rendre en Corée, car vous le savez je hais l’avion. C’est malheureusement difficile de s’y rendre autrement, sauf si vous avez un mois disponible à passer dans un bâteau. La Corée se trouve en effet à environ 9 000 kilomètres de Paris, soit 11 heures de vol et 7 heures de décalage horaire.

 

J'arrive à Séoul sous une pluie torrentielle. Il est 16h00 heure locale et je suis décalquée. Cela n’a l’air de rien mais ne serait-ce que chercher le bus avec les indications en Coréen, c’est une mission. Je ne résiste donc pas à une petite siesta, genre la bouche ouverte et la tête qui flanche, dans le bus qui m’amène de l’aéroport vers le centre ville. Premier test Latinos : échoué. Les Coréens ne semblent pas enclins pour eux mêmes, ni ouverts pour les autres, aux siestas à l’heure du goûter…

Ce n’est pas grave, j’ai peut-être commencé un peu fort.


Nous arrivons devant l’hôtel, et alors que l’on me jette du bus, la pluie continue. Il règne ici un air de mousson, bien que la saison ne s’y prête pas. Test Latinos n°2 : échec encore. Ici c’est tropical, muy caliente même, mais beaucoup trop moite pour être vrai. On a plutôt l’impression que la Nature est en train de faire payer ses excès à l’Homme…

 

Ne désespérons pas, je suis sûre que la Corée est super Latina.

Après une bonne nuit de sommeil, me  voilà recalée.

Je m’aventure dans la mégalopole : 10.5 millions de Séouliens (c’est la 4ème ville la plus peuplée du monde...) qui parlent peu anglais. Mais mon accompagnatrice Coréenne, Suk Young, m’assure que depuis quelques années les choses changent. Pourtant ici, c’est bien moi l’étrangère: la seule blanche blonde à des kilomètres, les occidentaux sont rares en ville. Suk Young ajoute que les gens sont plutôt racistes, et l’Afrique est bien loin. Aucun Black en vue.

Test Latinos n°3 : échec cuisant. Il est évident qu’ici on ne danse pas le zouk, ni la salsa.
Je vais continuer, déterminée à toucher la vraie nature du Coréen, en tout bien tout honneur naturellement.

 

Et c’est là que le côté Cuba est ressorti violemment, et a tristement permis de gagner le quatrième test Latino. Ici, même si le cigario Havana n’est pas roi, la frontière du nord délimite un régime de dictature communiste, militaire et nucléaire. Même les Coréens du Sud ne savent rien du mode de vie des habitants du nord. Suk Young affirme que lorsque les deux pays essayent de se parler, les Coréens en pleurent d’émotion. Les civils ne cautionnent donc pas un tel écartèlement. Les générations les plus anciennes ont connu une Corée unifiée, et ont de la famille de l’autre côté. Mais tout sépare les deux Corées aujourd’hui. On murmure même entre Coréens que les Etats-Unis voient d’un très mauvais œil toute tentative de rapprochement, ces derniers n'ayant aucun intérêt à ce que les deux pays s'unissent. Ils tireraient même une belle fierté du sous-développement du nord pour prouver la suprématie du capitalisme du sud.

Imaginez Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, située à seulement 190 kilomètres de Séoul. Et pourtant aucun échange, aucune possibilité de téléphoner, d’envoyer une lettre, un email, ou encore de passer la frontière. Comme si les Parisiens avaient constamment une bombe atomique pointée sur eux depuis Bruxelles.

Le contraste entre la Corée du Nord et la Corée du Sud  est tel, et ce depuis 50 ans, que les habitants se demandent comment une réunification pourrait un jour devenir possible.

 

Ce quatrième test est une triste victoire, et je m’empresse de passer au cinquième test Latino, que les Coréens remportent haut la main : la gastronomie. Ici, à table c'est festival tropical
Je me retrouve, par la magie des gros dollars que je représente cette fois, invitée au restaurant par une chaîne de TV qui recherche un sponsor. C’est donc moi qu’il faut choyer. Quelle joie !

Les Coréens mangent sur une table à même le sol avec les pieds sous le niveau du sol. Une fois les convives installés, le festival de delicassen commence : des sashimis exquis, du crabe Coréen, sorte de grosse araignée de mer, d’abord cru, ensuite cuit, délicieux. Puis des gambas, et enfin la fameuse fondue coréenne et son bouillon de légumes agrémenté de… homard.

Divin !

Mais parallèlement, le festival off de parties non identifiées de poisson, des branchies et autre « tuna belly » (estomac de thon), que je finirai par recouvrir discrètement de riz et d’algues au fond de mon bol.

Le  tout arrosé de bière coréenne, puis de jus de prune, très bon pour le teint selon notre hôte.

 

A ce stade, mon cœur balance. La Corée a remporté deux tests Latinos sur cinq. Qu’en est-il vraiment ?

 

Et c’est dans le courant de la soirée que la vérité s’impose. Suite à mon gueuleton, je décide d’aller digérer au sauna. En Corée, le sauna est un petit bassin en bois rempli d'eau à 41°C, et fréquenté par des femmes… nues.  Le test Latino n°6 est remporté avec mention: à Séoul, la bambina bien roulée se balade sans complexes au sauna.

Pour le coup, c’est moi qui échoue le test Latino n°6 : plus ronde, plus blanche et plus blonde que tout le monde, j’ai honte mais je l'avoue: j’ai gardé le bas du maillot.

Petit bémol tout de même, Suk Young m'explique que les femmes sont encore relativement soumises, et que l’on attend le mariage pour consommer. Ou alors, précise-t-elle,  on ne se vante pas de ses exploits ! N’oublions pas que l’avortement est illégal.

Pour ma part, après une demi-heure en cocotte minute (41°C c’est très chaud), je comprends enfin que Caudalies, c’est vraiment de l’arnaque.

 

Pour terminer la soirée en beauté, Suk Young m’invite au spectacle : une comédie musicale d’arts martiaux à mourir de rire, enfin à en voir le public, car naturellement je ne comprends rien. Nous y avons admiré deux heures durant de magnifiques Coréens bien moulés, et foi de Paula les Coréens n’ont rien à envier aux Latinos musclés.

Le test latino ultime, n°7, est remporté avec les félicitations du jury : les Coréens sont hot.

 

A ce stade je vous recommande chaudement d’aller vous frotter à la culture Coréenne. Tout est caliente là-bas, et le Mojito ne tardera pas à couler à flot dans les bars branchés de la ville. 
Toutefois, en admirant Séoul à 350 mètres d’altitude, au sommet de la tour de télévision, je réalise que Pyongyang, la terrifiante capitale du Nord, est quasiment à portée de vue.

En plus d’être bouillants, ils sont vraiment très zen ces Coréens du Sud !

 

Par Paola - Publié dans : Les voyages
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