Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /2009 23:31

C'est l'été!!

 

Je sais que vous me voyez venir : vous savez tous qu’il n’y a jamais eu de baleines au Cap Ferret, alors vous sentez que je vais traiter une pauvre vacancière de cachalot.

Mais non ! je ne me permettrais pas, moi qui connais si bien les débuts de saison difficiles en maillot de bain, et qui regrette, tous les ans au mois de juin, d’avoir passé mon hiver à boire du vin et à goûter des mets délicieux au lieu de faire de l’aérobic sous des lampes UV.

 

Bref, vous l’avez compris, s’il y a une baleine au Cap Ferret cette année, ce sera bien moi.
Je m’explique. Mon cher et tendre prend régulièrement de bonnes initiatives sportives, par exemple le 
surf, mon dernier exploit en date.

Vous me direz : mais tout le monde sait que le surf est très physique, et d’ailleurs, pourquoi voit-on généralement 95% (je suis gentille) de mecs en train de surfer la wave ? Parce que c’est trop dur ! Personnellement, à part Cameron Diaz, je ne connais pas beaucoup de surfeuses.

Donc à priori, je suis consciente que le surf n’est pas pour moi. Alors comment me suis-je retrouvée moulée dans une combi immonde face à Rodrigo, prof surfeur bronzé et musclé, au lieu de siroter un Perrier en lisant mon Elle, tranquillement sur ma serviette ?

Je pense aujourd’hui que tout est de la faute de mon homme, qui, pour sa part, rêve de glisse dès qu’il voit un poisson rouge. C’est sûr, il a mis le paquet pour m’amadouer, et a joué la carte infaillible du week-end romantique au bord de la mer. Comment, oui comment, n’ai-je pas vu venir le guet apens ? Comment ai-je pu croire que l’hôtel au bord des vagues, les palourdes et le vin blanc n’étaient que pour mes beaux yeux ? La soirée fut en effet sublime, à tel point que j’ai accepté, tenez vous bien, un cours de surf le dimanche matin à 9 heures. Mais que m’a-t-il fait boire, grands Dieux, pour que j’accepte ça ? Bien-sûr, il s’est empressé de réserver notre Rodrigo au plus vite afin que je ne puisse pas me dégonfler le lendemain matin, j’ai quand même ma fierté.

 

Et c’est ainsi que Rodrigo, à 9 heures tapantes, me cueille à l’hôtel, une tartine généreusement beurrée à la main. Hum… « un bon petit déjeuner avant le sport ! » lui dis-je.

Ce presque comme si j’avais pris un muesli protéiné et un jus de pamplemousse pressé…

 

Je m’empresse de finir, et aperçois au loin ma future planche. Mon homme, si attentionné la veille, m’a déjà oubliée, et marche d’un pas décidé aux côtés de Rodrigo, à 10 mètres devant moi. Sympa…

Je soupèse ma planche : pfiou, c’est lourd ce truc… J’espère qu’il a prévu une remorque car je ne vais pas porter ça jusqu’à la mer.

Pas de remorque, bon… Je vais avoir l’air trop bête si je demande à Rodrigo de me la porter, et le Chéri en porte déjà une, c’est embêtant. Par ailleurs, ils sont déjà partis vers la mer, et aucun d’entre eux n’a l’air de se soucier de mes biceps. Le message est très clair : je porte ma planche.

Saleté de planche… Après 500 mètres de marche (incluant la dune à monter et à redescendre…), j’ai l’épaule démise et l’avant bras tétanisé, et me demande comment je vais faire pour surfer la wave.

A ce stade (ça fait 15 minutes qu’ils m’attendent…), Rodrigo et mon homme sont super potes, mais pas spécialement ravis de trainer un boulet.

Bon OK les mecs, je fais un effort. « Déjà mets ta combi » me répondent-ils en cœur. Ah oui ma combi !

Et là, ils m’ont obligée à rentrer dans une combi en néoprène (i.e une espèce de mousse ignoble), incontestablement trop petite, et en plus, encore collante de la dernière utilisation. Qu’y a-t-il de pire pour une sirène que de voir son mec et le prof de surf en train de tirer de toutes leurs forces sur la combi afin que mon fessier (très musclé bien sûr) finisse par rentrer ?

Après cette humiliation, je suis bien remontée et fin prête à surfer la vague.

Vas-y Rodrigo, envoie la technique, je suis au taquet ! Rodrigo me jette un regard en coin, genre « ta gueule morue », et commence sa théorie : l’avant et l’arrière de la planche, le lich, à plat ventre et on rame, on pousse sur les bras pour relever l’avant du corps et HOP ! on saute sur ses pieds au bon moment, quand la wave vous tient. Fastoche !

En  pratique, évidemment c’est différent. Enfin, ça dépend pour qui, car mon homme, comme d’habitude, fait du zèle. Alors qu’il est déjà debout sur sa planche en train de vivre la glisse de sa vie, je galère à ramer car je n’ai aucune force dans les bras. De nature déjà, et encore plus depuis que j’ai porté ma planche tout à l’heure.

Je ne suis jamais parvenue à décoller mon corps de la planche, mais en revanche j’ai réussi à percuter le boyfriend en plein océan. D’après lui,  j’ai « piqué sa vague et grillé la priorité» (ri-di-cule…). Rodrigo ne m’adresse plus la parole depuis 20 minutes, si ce n’est pour me conseiller de passer au moray.

Je décide alors de finir le cours tranquillement allongée sur le dos sur ma planche, en faisant bronzette. Quel bonheur le surf, on se croirait sur un matelas gonflable dans une piscine, il ne manque plus que la Pina Colada !

Mais contre toute attente, Rodrigo revient vers moi pour me sommer de réessayer de prendre une vague. Il est pénible celui là ! est-ce que je le sonne moi ?

Bon OK, comment dire non à un surfeur bronzé du Cap Ferret…

 

Au bout d’une heure, je songe à me laisser emporter par une baïne afin qu’on me fiche la paix. Heureusement, la marée est avec moi et les vagues disparaissent. PLUS UNE VAGUE. Je vous laisse imaginer la tronche du  boyfriend…

Nous décidons alors (enfin) de revenir vers la plage, à la force des bras. C’est un bien grand mot car pour ma part, je ne sens plus mes bras.

Et c’est ainsi que j’ai échoué sur le bord, tel un bouquet d'algues. Je me suis trainée sur la plage, et suis tombée raide, la face dans le sable, en entendant les mecs disserter sans fin sur les vagues et la marée.

Et je vous garantis que la touriste toastée à côté de nous, sous son parasol, a vu deux surfeurs le regard plongé dans l’océan, et une baleine échouée sur la plage du Cap Ferret…  

Par Paola - Publié dans : La vie
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