Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 00:37

Ah… l’été, encore l’été, on ne cesse d’en profiter. Le surf, la frime, mais aussi les soirées chaudes ! Durant nos 2 semaines de congés payés, on rentre au bercail et on retrouve la bande de copines de quand on avait 15 ans. Régression garantie ! Bon, on est des grandes filles maintenant : on a toutes un job, un salaire, une vie dans une autre ville, pour la plupart un mec et un gosse, et UNE ENORME ENVIE DE SE LACHER quand on se retrouve.

Samedi 14 juillet, c’est la fête ! Après le feu d’artifice, nos mecs sont poliment relégués à la maison et gardent les gosses. Ça va donner, on est juste entre nous, entre filles, et on va démonter la ville de notre adolescence. On s’en fiche car on ne connaît plus personne (erreur !) et on va  s’éclater, d’autant plus que maintenant, contrairement à il y a 10 ans, on tient l’alcool.

 

Et c’est parti pour la virée infernale. A 5 dans le break familial de Julie, on se plaint car elle n’a même pas pris le temps de virer le siège bébé. Julie, tu abuses ! C’est donc Sabrina qui sera assise sur le siège bébé, pas top, mais c’est elle la plus mince. Oui, on est comme ça entre filles. Aux alentours de 30 ans, la plus mince risque de se faire bizuter.

Dans la voiture, on écoute la musique à fond, comme des ados, mais on roule à  90km/h. On a des gamins à la maison quand même.

Tash et Caro sont incontrôlables, il faut dire qu’on n’a pas lésiné sur le champagne avant de partir. Ça aussi, c’est un privilège de trentenaire.

 

Nous arrivons enfin au centre ville, ratatinées dans une voiture que l’on entend arriver à 200 mètres à la ronde, à cause de la musique et de nos hurlements.

On se comporte comme des ados : on chauffe les pauvres beaufs de la voiture d’à côté au feu rouge, on démarre au frein à main, et on hurle à la mort en atteignant les 50 Km/heure réglementaires. Encore un feu rouge, on pile, musique à fond et... oups, bonsoir Monsieur l’Agent. Julie est sobre, elle conduit et elle est clean. Cartes d’identité et situation professionnelle siouplait: une attachée de presse, une commerciale export, une éducatrice, une infirmière et une mère au foyer. Oui Monsieur l’agent, nous savons que nous avons passé l’âge de se comporter comme ça. Pardon monsieur l’agent, nous ne recommencerons pas. Cinq sourires bien rodés, et hop ! C’est reparti à fond vers le parking.

 

Et là, cinq pintades bien fagotées descendent du break familial comme si elles arrivaient en Bentley sur la croisette de Saint Tropez. Chaudes comme la braise, elles se dirigent vers les bars qu’elles connaissaient si bien il y a quelques années, et commandent une tournée de coupettes à la cantonade.

 

Tchin ! Nous trinquons à notre bonne santé.

Alors que chacune siffle sa coupette, je remarque qu’aux tables alentour sont assis des jeunots, entre 16 et 20 ans. Oups, on aurait peut-être du faire un petit repérage des lieux avant de s’emballer. Quand on venait ici en 1996 c’était bien, on avait 16 ans, mais maintenant, ils ont 16 ans ! Et nous on ressemble à 5 vieilles peaux endimanchées, avec leur coupette, au milieu d’adolescents torchés à la vodka Cranberry !

Allez les filles, cul sec ! On se casse dans un club de vieilles, à notre image.

 

Tash, qui connaissait la ville comme sa poche à l’époque, nous garantit qu’elle connaît un bar thirties friendly (accueillant pour les trentenaires). On fonce !

Enfin,  nous retrouvons les gens de notre âge. C’est rassurant.

Les filles me collent un cocktail détonnant et rose fluo dans les mains, j’accepte, et observe autour de moi. Je reconnais des têtes, c’est indéniable. Qui sont ces gens ? Des anciens amis de lycée ? Des acolytes de piscine au collège ? Ou encore des amis de classes de voile ?

Tout est possible, alors je rends les sourires qu’on me tend, bêtement.
Deux, puis trois, puis quatre cocktails fluos et je suis moins farouche.

Je me retrouve en train de discuter avec mon ancien voisin de classe au lycée, devenu champion d’Europe de planche à voile –whouuuuaouh !!!- qui me saoule, me saoule avec ses histoires de courants marins et de nœuds…

Je m’éclipse poliment vers les toilettes, et entreprends de retrouver mes copines. Elles semblent éparpillées aux quatre coins de la salle, et je tombe sur Sabrina, vautrée dans un coussin avec… Bertrand ! Le vieil ex retrouvé !

Je passe, en disant froidement bonjour à Bertrand de loin, et en envoyant un regard réprobateur à Sabrina.  Certes, elle est célibataire en ce moment, mais quand même! On ne fait pas de la soupe dans les vieux chaudrons, ça se saurait !

Ravie de mon proverbe, je tombe nez à nez avec Lucien, mon ex.

Parfois, il y a des signes du destin : Dieu nous punit de nos mauvaises pensées.

Heureusement pour moi, Lucien refuse de m’adresser la parole depuis longtemps, il ne m’a toujours pas pardonnée de l’avoir envoyé balader il y a dix ans.

 

Je continue mon chemin et retrouve Julie, notre capitaine de soirée, au bar. Elle est surexcitée par la demi-douzaine de verres de cocas qu’elle a ingurgités, faute de rhum. Elle papote avec un barman musclé, entouré des fameux cocktails fluos. Voilà donc d’où venaient tous ces cocktails que j’ai bus… Merci! Et Julie de me rendre un petit clin d’œil en continuant sa conversation.

 

Soudain, je reconnais une voix, et tourne la tête : Tash est debout sur le podium, elle enflamme le dancefloor et toute la gente masculine environnante. Ça c’est bien les jeunes mamans : elles ne peuvent pas se lâcher souvent, mais alors quand elles se lâchent, c’est explosif.

 

J’arrive enfin aux toilettes, et tombe sur Caro qui fait la queue. Nous ricanons bêtement pendant 20 minutes et  ressortons. Tash, descendue de son podium, nous rassemble toutes les cinq : elle veut absolument que nous continuions la soirée dans un club que son pote « Boîte à Clous » lui a indiqué.

« Boîte à Clous » ? répétai-je hilare ? Mais c’est qui ça « Boîte à Clous » ?

Et là, un drôle d’individu, percé et tatoué à 90%, sort de l’ombre. En fait « Boîte à Clous » est Tristan, ancien pote de Tash, et accessoirement patron du Club le 55 (prononcer FiftyFive).

Mouais, c’est un plan quitte ou double, mais tentons-le.

 

Nous arrivons au 55, nous voyons offrir une bouteille de Champagne, et sommes installées au carré VIP (toutes proportions gardées, nous ne sommes pas non plus à Miami…). Paris Hilton n’est effectivement pas de la partie, mais l’ambiance est bien là. J’observe mes copines pintades bouger leur body sur le beat, finis ma coupette et file les rejoindre.
Je me retrouve alors dans un faisceau de lumière puissant, et le stroboscope donne l’impression de bouger comme dans un rêve. Je vois mes copines qui dansent, me sourient, et parfois (est-ce que je rêve??) bisouillent de beaux mecs qui dansent en rythme avec elles.

La situation est en train de nous échapper, plus de contrôle, le temps s’étire, et la musique nous emporte pendant des heures.


ET CLAC ! Lumières en pleine face, tout le monde dehors, il est 5 heures du mat’ !

Nous avons le loisir d’admirer nos faces déconfites, après environ 6 heures de cocktails multicolores et danse non stop.

Tash ressemble à un paon en rut tellement elle est ébouriffée, Julie est rouge écarlate car shootée au Coca, Caro s’envoie une pinte d’eau au bar, et Sabrina … Où est Sabrina?

Julie nous informe que, pendant notre transe sur le dancefloor, Sabrina est repartie avec Bertrand. … Il y a comme un blanc dans nos cervelles alcoolisées, et tic, nous comprenons : Sabrina est repartie avec son ex.

 

Nous repartons donc à quatre, et Julie lutte afin de nous faire rentrer dans la voiture. Tant bien que mal, après deux fausses alertes vomi à l’arrière (pas toujours facile d’être une femme libérée), Julie nous ramène. L’une après l’autre, elle nous dépose chez nous, où nous retrouvons nos hommes.

Défi : comment dissimuler une haleine bien chargée lorsqu’on partage un lit ?  Pas de panique, nos hommes ne connaissent pas les détails de la soirée et ne sont pas censés connaître l’ampleur des dégâts collatéraux. Chacune dans notre lit, on se persuade que les autres pintades étaient pires que nous, donc qu’elles ne raconteront rien, et ne publieront pas de photos sur Facebook demain. C’est bon.

Et on s’endort en ronflant, sans imaginer une seconde que nos hommes chéris ne sont pas dupes, car leurs propres soirées sont probablement… très similaires !

Par Paola - Publié dans : La vie
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