Chers amis,
Au vu de vos commentaires, il semblerait que ce qui vous turlupine chez moi, c’est de savoir si ce que je vous raconte chaque semaine relève de la réalité. Et vous ne m’épargnez pas les : « Mais il t’est vraiment arrivé ça ? » ou « C’était qui ce personnage là, c’était pas moi par hasard ? ».
Mais si en effet j’invente, croyez-vous vraiment que je me vanterais d’une schizophrénie notoire ? Certainement pas ! Je considère donc que tant que je ne me présente comme Paola à la sécurité sociale, je peux me permettre un léger dédoublement de personnalité, voire une subtile mythomanie, sans vous l’ avouer.
Mais parlons plutôt de vous, c’est bien plus intéressant ! Figurez-vous qu’il y a quelques mois, j’ai réalisé sur vous une expérience hautement scientifique, intitulée : « Etude anthropologique très sérieuse ».
Pour ceux qui s’en souviennent, et avaient alors consciencieusement rempli le questionnaire (non sans quelques doutes quant à l'exploitation), je vous offre aujourd’hui les résultats de cette recherche.
Il n’est pas exclu que je sois publiée un jour dans le très sérieux « Journal de la Recherche », tant mon étude apporte à la science en termes de profilage de la première génération de trentenaires au XXIème siècle.
Plus sérieusement, j’ai appris des choses fort intéressantes à votre sujet…
Tout d’abord vos deuxièmes prénoms… Entre Rose, Geneviève ou Marguerite, on aura tout vu ! Mais que font nos parents ? Avec de tels prénoms, comment voulez-vous que notre génération soit bien portante ?
En suivant, je tâte la question pernicieuse de l’heure du lever…
J’ ai lu dernièrement qu’il était normal, lorsqu’on est adolescent, de se lever à midi, voire à quatorze heures, car le cycle du sommeil est modifié par les hormones. Il a donc été prouvé scientifiquement qu’il est criminel d’obliger les ados à se lever à 06h45 pour les envoyer au lycée, car cela va à l’encontre des cycles du sommeil. Quelle honte !
Tout cela me rassure et peut expliquer l’adoration que je voue aux grasses matinées (oui, je sais, je ne suis plus une adolescente). Alors, au lieu de culpabiliser en débarquant à la chasse aux croissants à midi, qu’en est-il chez vous? En préambule, je décide d’exclure de façon arbitraire les réponses de ceux d’entre vous qui ont des enfants en bas âge, car évidemment, lorsqu’on a un marmot qui vous réveille à 7 heures, ça ne compte pas. Mais pour ceux qui n’en ont pas (plus si nombreux à notre âge d’ailleurs…), les réponses sont mitigées. L’une me dit : « Mon heure de réveil le week-end dépend de la fiesta de la veille ». Mais tout à fait pensai-je, moi aussi ! et elle poursuit « mais généralement, je me réveille vers 9 heures ». Oups… oui, enfin ce qu’elle ne dit pas, Marguerite, c’est à quelle heure elle se lève. Hé hé ! on se réveille, c’est une chose, et puis… on reste au lit ! Et pourtant, vous semblez tous unanimes, on se lève à 9 heures le dimanche matin. Quel ennui.
Ah non ! attendez ! Rose, ELLE, m’avoue qu’elle se lève à 14 heures (carrément) le dimanche. Enfin une qui ne ment pas. Bravo ! bravo ! Quant à tous les autres, j’ai une question : mais que faites-vous donc le dimanche matin, à 9 heures ? Télé matin ? Turbo ? Fan de ?
Bon admettons, mais si vous vous levez si tôt, ce n’est pas vraiment bon signe pour votre activité nocturne, pauvres de vous. Si jeunes, et si sages…
Voyez vos réponses à la question suivante, qui consiste à savoir ce que vous avez fait la nuit passée. C’est éloquent, j’en suis restée sans voix: vous avez tous DORMI, bande de feignants.
Alors permettez-moi de vous donner un petit conseil : au lieu de vous lever le dimanche matin pour rien, de faire du bruit et d'importuner vos voisins dans mon genre (ou de Rose ), couchez vous tard, faites la fête et restez au lit le matin. La société ne s’en portera que mieux.
Bon, je vous charrie, et comme d’habitude, j’exagère : effectivement deux petites chanceuses m’ont avoué ne pas avoir fait que dormir la nuit dernière… Et c’est tant mieux, car je commençais à m’inquiéter pour la survie de notre espèce!
Faisons la paix et passons sur l’heure du lever.
S’en suit votre petit-déjeuner. Alors là, c’est le festival ! Ça va du grand classique thé-café-pain-beurre au jambon-cracotte-miel (hum… j’image tout cela en couches…), ou Tchaé et madeleines pour les puristes.
Mais le plus drôle est lorsqu’on arrive au déjeuner. Honnêtement, j’espère ne jamais vous recevoir tous ensemble à ma table car vous goûts sont plutôt… variés ! En effet, si je devais composer le repas idéal pour vous combler tous, voici à quoi il ressemblerait. En entrée, des pommes de terre recouvertes de fromage frais et sel marin (bon, j’avoue, cette personne n’est pas française…). En plat, deux options: soit un barbecue pour la bonne vieille côte de bœuf (un must chez la plupart d’entre vous), soit un plateau de fruits de mer. Mais comme à toutes les tables, j’ observe deux personnes spécialement pénibles: l’une qui prétend n’aimer que les coquilles Saint Jacques, et l’autre qui me dit carrément: homard-foie gras. Et je précise que ce n’est pas moi.
Au dessert, le chocolat est naturellement un must, ainsi que tous ses dérivés. Ah ça, vous êtes intarissables en ce qui concerne vos desserts préférés! Notre Rose, dormeuse du dimanche, m’avoue adorer les Chocobons! Mais ça existe encore ça, les Chocobons? Et pourquoi pas un Kinder Surprise en dessert pendant qu’on y est? Les fans de salé précisent toutefois qu’un bon « clacos », si possible un Rustique bien fait, serait mieux. À débattre donc.
Et pour arroser le tout, que vous plairait-il?
Là encore, les réponses sont variées. Notre amatrice de pommes de terre-fromage blanc est une inconditionnelle de bonne bière (tout cela fait un peu trop d’indices pour garantir l’anonymat, désolée…), notre Rose du dimanche fan de chocobons optera pour le champagne (moi aussi), et les autres sont plutôt vin.
En digestif, certains seront Rhum, d’autres Vodka. On me demande même un cocktail “Camikaze”, c’est-à-dire vodka, Cointreau et jus de citron. Et pourquoi pas un streep tease de Deeta pendant qu’on y est? Me prend-on pour le bar du Crazy Horse ou bien?
Voilà pour le repas idéal.
Tout cela est très intéressant, n’est-ce pas ? Continuons…
Un passage important est votre activité physique. Je ne vous cache pas que c’est affligeant. Ah, quand il s’agit de manger et boire, pas de problème, vous dissertez longuement sur vos mets favoris. Mais alors le sport, c’est autre chose. Entre les réponses très crédibles du genre « Heu… la randonnée?” sur un ton de me demander si la randonnée est vraiment un sport. Sachez que si vous pratiquiez vraiment la randonnée, vous sauriez bien que oui, c’est vraiment un sport! Autre exemple de réponse improbable: “Euh… un peu de course à pied, natation, tennis, voile…” Mais bien sûr, et occasionnellement du parapente non?
Bref, je ne vous félicite pas.
Sans parler de ceux qui répondent, sans scrupules: “aucun sport” ou “Quel quoi ???” , et comme par hasard, ce n’est pas ceux qui mangent le moins de Chocobons, de homard-foie gras ou de madeleines! Croyez-moi!
Heureusement, certains d’entre vous font du sport. Bravo.
Ainsi, vous me répondez fièrement des «aerobic, course à pied » , ou « Surf, volleyball, cyclisme” (whouaou, tout ça?), ou encore du “body pump”. Je ne connais pas, mais ce n’est pas vraiment étonnant…
Passons, ces sportifs ne peuvent pas s’empêcher de se vanter, c’est exaspérant.
Poursuivons…
Les traits de caractère les plus détestables selon vous: avarice, hypocrisie, vanité, paresse, égoïsme, égocentrisme, feignantise, jalousie, radinerie… et la liste est longue. J’essaye de me convaincre que je n’ai aucun de ces défauts, mais vous êtes durs quand même. En tous cas, même si parfois, disons uniquement le dimanche matin, la feignantise me guette, je me sens moins seule depuis que je sais qu’une certaine mangeuse de Chocobons a la même faiblesse.
Parlons plutôt des traits de caractère que vous appréciez: intelligence, humour, don de soi, tolérance, droiture, positivisme, franchise, empathie et générosité. Ah, mais c’est drôle ça alors, c’est tout moi! Merci mes amis, moi aussi je vous aime…
CLAC! (ça c’était mon homme qui me met une claque sur la tête pour que j’arrête mon délire vaniteux…).
Et sinon, à part les aventures de Paola, qu’est-ce qui vous fait le plus rire dans la vie? (CLAC!)
Chocobon aime son chien (oups, encore un indice qui n’aidera pas à garantir son anonymat), notre amateur de cocktails aime se moquer des nains ( ??- mais ce n’est pas très moral quand même), et les autres décrivent des phénomènes pas drôles du tout… Comme quoi l’humour est très personnel.
Pour terminer cette étude anthropologique très sérieuse, je dois vous dire que je me suis bien poilée à lire vos réponses. Je souhaite d’ailleurs, en guise de conclusion, vous en restituer les meilleurs morceaux.
Ainsi, sachez que nous avons deux philosophes parmi nous, qui visiblement utilisent leur cerveau, c’est rassurant ! Par exemple notre buveur de “Camikaze” conclut: « Je n’aime pas particulièrement le monde tel qu’il est. Je refuse de devoir vivre dans un système créé par nos ancêtres qui a complètement déraillé. Un système où l’on est enchaîné à un bureau la plupart de notre vie. Où l’on doit sourire, se courber, faire des heures supplémentaires au détriment de notre vie personnelle, comme si désormais le travail primait sur la joie de vivre… Un monde dans lequel Maddoff et autres financiers crapuleux sont perçus comme des héros !!! Je prône le retour aux sources et une bonne fête ! ».
Bravo ! quel bel esprit ! Je ne sais pas si « Recherche Magazine » gardera cette citation au montage, mais ton message est passé sur www.flynwine.com et je suis bien d’accord avec ta conclusion ! J’émets quand même un bémol : as-tu forcé sur le Cointreau avant d’écrire ça ?
Notre deuxième philosophe, qui, je le précise, est l’une des seules d’entre vous à avoir une vie épanouie la nuit (prenez-en de la graine), conclut ainsi: “Etre heureux, libre et ouvert sur le monde, c’est un beau défi… Je vais super bien en ce moment et j’ai l’impression d’être là où il faut que je sois, avec ceux avec qui je dois être.” Génial, j’adore! Ça, c’est l’esprit Paola ! Merci à toi, petite coquinette du samedi soir.
Puis, notre mangeuse de coquilles Saint Jacques s’interroge: “Et à quoi va servir ce test, encore un truc pourri????”. C’est
agréable, la confiance règne. Eh bien comme tu peux à présent le constater par toi-même, il s’agit effectivement d’un truc pourri.
Quant à notre amatrice de pommes de terre–fromage blanc, elle me rétorque que de toutes façons, j’en sais déjà trop, et que je suis trop curieuse.
C’est possible…
Enfin, notre Chocobon préféré, probablement la coupette dans une main, le fer à repasser dans l’autre, devant un Jean-Pierre Foucault millionnaire, conclut très sérieusement, et ce sera le mot de la fin: « Non, rien à ajouter ».