Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 17:59

Aujourd’hui, j’ai décidé de me la jouer Jean Sarkozy, et je me dis : TOUT EST POSSIBLE ma fille, vas-y f once, c’est no limit, tu as les pleins pouvoirs !

À partir de demain, c’est parti !

 

Lundi : je me lève à pas d’heure. Puisque je suis la reine toute la semaine, je me permets, oui Messieurs dames, de me lever à midi le lundi. C’est le kif assuré, au lieu de me lever pour aller bosser, je commence la journée par une grasse matinée. Eh hop, je me lève toute ramollie, c’est ça le luxe

12h20 : je me dis qu’il faut que j’aille prendre une douche mais Fan 2 commence juste sur M6, donc je me pose cinq minutes en buvant mon thé.

14h02 : Fan2 est fini, j’enchaîne sur Les feux de l’amour.

16h44 : J’enchaîne sur Beverly Hills saison 2044

18 heures : Devrais-je préparer le repas pour mon homme qui ne va pas tarder à rentrer ?

18h40 : non, je pars boire un coup avec Lucie.

21h02 : allo Chéri ? Mille excuses mais j’ai oublié de te dire, je dîne avec des copines ce soir !

Tôt le mardi matin : Pouf ! (bruit de Paola qui tombe dans son lit).

 

Mardi midi : oups, j’ai déjà grillé la deuxième matinée de Jean Sarkozy-tout-est-permis.

12h30 : je pars au marché

13h04 : Il me semble avoir oublié de faire quelque chose d’important, quand même…

13h12 : au diable les soucis, je suis no limit cette semaine.

14h04 : « Une livre de carottes et deux artichauts s’il vous plaît ! » Mais oui je sais ! j’ai oublié de prévenir le boulot que j’étais OFF cette semaine !!

14h05 : « Allo le bureau ? je suis OFF cette semaine. » Jacqueline, ma RH préférée, grogne au téléphone et m’accuse de ne pas avoir prévenu plus tôt. Elle aboie : « C’est un arrêt maladie ou des congés payés ? »

- Des CP of course ! répondais-je. Franchement est-ce que j’ai la voix d’outre-tombe d’une pintade qui a attrapé la grippe A ? »

Jaqueline acquiesce, acerbe, et me fourni fort peu poliment le solde (négatif) de mes CP. J’ajoute à Jacqueline, médusée : « Estimez vous heureuse que je vous prévienne parce que Jean Sarkozy, lui, se casse en vacances quand il veut. Merci, et bon week-end Jacqueline ! »

16 heures : je rentre du marché passablement énervée par Jacqueline.

16h30 : Mon homme m’appelle pour m’annoncer que des collègues à lui viennent dîner à la maison. Que ferait Jean Sarkozy dans ce cas ? No limit vous dis-je. Ce soir, c’est traiteur !

19h45 : lesdits collègues débarquent à la maison, et c’est petits-fours et champagne à volonté.

21 heures: mon homme me prend à part dans la cuisine, l’œil inquisiteur, et me demande : « C’est quoi ton délire Lady Di à Monaco ? »

19h47 : j’ai réussi à convaincre mon homme que ce soir, c’est no limit attitude. Il doit obtempérer et rejoindre les invités.

Et toc !

Quelques minutes avant l’heure du dernier métro : je dois mettre nos invités dehors, bien qu’ils soient passablement imbibés de Champagne. Mon homme dort déjà.

 

Mercredi:

9 heures : je me lève, fière de mon côté « France qui se lève tôt », et me dis que Jean Sarkozy, lui, à cette heure ci, aurait sûrement envie d’un petit footing.

10 heures : après müesli, thé vert et moult échauffements en vue de mon petit running, je m’assois cinq minutes sur le canapé pour récupérer, avant l’effort.

Midi : mince, je me suis assoupie...

12h15 : après réflexion, je ne vais pas risquer le malaise vagal comme un certain aïeul, je vais plutôt me faire un petit lunch au country club de Levallois, et pas Neuilly parce que c’est TELLEMENT 2006…

15 heures : je finis juste de déjeuner au Country Club où j’ai rencontré, tenez vous bien, Henry Besancenot, « fils de » également. Et lui, contrairement à son tristement célèbre paternel, a été bien caché jusque-là ! je n’avais JAMAIS entendu parler d’Henry Besancenot jusqu’à ce jour.

15h02 : Henry Besancenot constate que je ne le crois toujours pas sur son identité, mais il insiste.

15h05 : je me tire, la schizophrénie de ce mec est flippante. Jean Sarkozy aurait probablement été plus courageux que moi, et aurait coûte que coûte, malgré tout les antécédents de ce pauvre Henry, essayé de lui refourguer la carte de l’UMP…

15h15 : De retour à la maison, je renfile mes tennis pour me le faire, ce petit jog !

17 heures : rouge écarlate, suante et peinant fortement à reprendre mon souffle, je croise ma collègue Maria qui sort du boulot. Elle me dit : « mais qu’est-ce qui t’arrive ma pauvre ? » Je lui réponds que j’ai la grippe A et que j’ai, du coup, un peu de fièvre (pas très Jean Sarkozy ça comme attitude, mais bon).

Elle s’avance vers moi, ausculte explicitement mon bandeau frontal imbibé de sueur, repère sans broncher ma bouteille de Red Bull, et me dit :

« Bon, laisse tomber. Tu viens prendre un verre ? »

J’acquiesce, comprenant que c’est un bon moyen de faire diversion.

Et puis je vous rappelle que je suis wonderwoman, je peux donc aller boire un verre habillée en joggeuse défraîchie, je n’ai peur de rien.

17h20 : nous arrivons au pub

19h45 : Maria, ma collègue, me dit qu’avec son mec, ça ne va pas trop.

19h46 : et mince, je suis dans un traquenard.

20h45 : Maria me supplie de rester dîner avec elle au pub.

22h01 : Maria est out of control et frôle le coma éthylique, alors que je venais juste de me résoudre à participer au karaoké du pub, habillée en joggeuse.

23h00 : fin du karaoké, il faut rentrer. Ô miracle : mon jogging a séché, je rentre chez moi nickelle, juste un peu décoiffée.

 

Jeudi :

9h30 : lever

Bigre, il faut que je me méfie car je suis sur le point d’atteindre le week-end sans avoir -réellement- fait mes preuves de superwoman, sans limites ni peur de rien.

Je décide donc de faire un truc fou aujourd’hui, et me demande : que ferait Jeannot s’il avait envie de vraiment déconner sévère, de se lâcher ?

10h42 : je réfléchis

11h12 : je sais ! un saut à l’élastique, depuis la montgolfière présidentielle !

11h30 : j’ai appelé toutes mes copines, et non seulement aucune ne veut m’accompagner, mais en plus le message est clair : elles sont unanimes, il me sera IMPOSSIBLE d’emprunter la montgolfière présidentielle. Julia a même émis des doutes sur l’existence même d’une montgolfière appartenant au Président.

11h32 : je me remets difficilement de cette déception.

12h15 : j’ai acheté un bon pour « un saut à l’élastique » sur Internet. Ça se passe cet après-midi à Trou-sur-Seine.

12h16 : je réalise que j’aurais dû vérifier où se trouve Trou-sur-Seine avant d’acheter le bon.

12h17 : Trou-sur-Seine se trouve en Normandie, à 150 kilomètres de Paris. Flûte.

12h45 : je pars à Trou-sur-Seine, et rapidos pour ne pas manquer le rendez-vous des sauteurs de l’extrême à 14 heures.

14 heures : je me retrouve avec une bande de joyeux lurons, tous du même groupe : ils fêtent l’enterrement de vie de garçon de l’un des leurs…

14h01 : je fais quoi ? je fais quoi ? je ne vais pas rester avec dix gros lourds quand même ? moi qui, en plus, ne vais JAMAIS oser sauter…

14h02 : Jean Sarkozy à l’aide !!! que ferais-tu, toi ?

14h03 : regain inexpliqué et soudain d’énergie : j’ai une patate de dingue et suis prête à affronter la meute de loups, et sauter la première s’il le faut !

15h50 : nous sommes sur la passerelle, à 30 mètres d’altitude, et je frôle la crise de panique. Mais QUE m’a-t-il pris ?

15h55 : que ne donnerais-je pas pour être au boulot, tranquillement assise à mon bureau, en train d’écouter Maria me raconter ses histoires de cœur ?

16h15 : j’ai sauté (la dernière), je suis en overdose d’adrénaline.

16h20 : je me dis que l'overdose d’adrénaline doit être le quotidien de Jeannot.

16h22 : quel kif d’être aussi forte que Jeannot.

16h23 : je suis dans ma voiture, je rentre à Paris complètement surexcitée.

17h40 : ça fait deux heures que je suis dans les bouchons à l’entrée de Paris, et mon côté Jean Sarkozy se transforme en côté Disiz la peste qui pête les plombs.

19h30 : je passe la porte de chez moi, dans un état second très étrange.

20 heures : je suis en totale descente d’adrénaline, c’est le bad, je vais me coucher. Bonne nuit Jeannot.

 

Vendredi : ah, enfin le week-end !

Et de me reprendre illico : l’ami Jean ne dirait JAMAIS ça. Lui travaille tous les jours, week-end compris, s’il le faut.

Alors que je m’apprête à sortir de mon lit pour profiter de cette dernière journée no limit, une douleur incommensurable m’empêche de faire le moindre mouvement. Même soulever ma couette m’est impossible : aurais-je attrapé la maladie des hyperactifs, le malaise vagal des grands de ce monde ? J’appelle le médecin pour me sauver du burn out haut de gamme.

SOS Médecin m’ausculte pendant je lui expose mes craintes d’être devenue wondewoman dépouillée de ses facultés suite à quelques abus de pouvoir, et surtout … de ne jamais être à la hauteur de Jeannot le Grand.

L’homme de science m’écoute, manifestement sans voix face à tant de gravité, et me répond, finalement : « C’est sûr, vous ne serez jamais Présidente de quoi que ce soit à 23 ans, Mademoiselle, puisque vus en avez presque 30. Toutefois, rassurez vous, vous souffrez de … courbatures. Ça fera 80 Euros, et bonne journée Mademoiselle ! »

Sans même une ordonnance de paracétamol, je me retrouve seule, face à moi-même et mes petites courbatures même pas vagales… et décide, en un claquement de doigts, de redevenir Paola, c’est beaucoup plus drôle !

Par Paola - Publié dans : La vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Tu sais que c'est vachement dangereux comme article, je te rappelle que je suis a New York et que j'ai deja pense a me faire une journee no limit! Limousine, tour en helico au dessus de Manhattan et de la Statue de la Liberte,...
Commentaire n°1 posté par Phil le 23/11/2009 à 00h55
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus